L'importance de l'observation
Tout système et a fortiori un système d'éducation doit pouvoir être observé dans :
son état
son évolution
ses perspectives
La question est de savoir quel est l'échelle d'observation, l'entité élémentaire de pilotage. A mon avis celle qui fait sens est celle qui se pilote au quotidien ou presque, celle qui croise les usagers chaque jour : l'école ou le groupe scolaire.
Pour ce pilotage et cette observation, deux visions peuvent s'opposer ou alors se compléter. La première vision consiste à demander aux équipes d'école de tenir à jour des tableaux de bord. L'autre vision consiste à donner des chiffres simples aux écoles sans que le recueil de ces données ne vienne peser sur l'action du quotidien. Cette deuxième vision pourrait être considérée moins fine ou plus simpliste mais elle est bien plus réalisable. Le choix de la mesure entre une approche ou une autre ou encore un mixage des deux pourrait être conjoncturel, contextuel ou conceptuel. C'est là que l'analyse de l'inspecteur est importante.
PREMIERE VISION
La circonscription est une organisation qui peut s'observer en prenant en compte ses éléments internes, ses résultats propres ainsi que ses éléments de contexte dans l'environnement éducatif et dans celui du parcours interdegré.
Les indicateurs sont des éléments parfois directement obtenus en questionnant les bases de résultats ou d'effectifs (nombre d'enseignants, d'élèves ou bien résultats aux évaluations nationales...) D'autres indicateurs sont des éléments dont les méthodes de recueil sont à construire (nombre d'élèves lecteurs en fin de CE1 et CM2 avec les caractéristiques de fluence ou de compréhension...). Des enquêtes auprès de enseignants à qui l'on demande seulement quelques chiffres au lieu de longues passation d'évaluation. Cette méthode de recueil peut être moins précise a cependant a déjà montré sa fiabilité en la corroborant avec d'autre résultats recueillis par des méthodes plus savantes. Il suffit de s'appuyer sur le professionnalisme des enseignants qui est un réel point d'appui et qui est bien présent dans cette profession.
Les indicateurs gradiants : Il est des sujets ou des questionnements qui nécessitent des indicateurs. Mais ces indicateurs ne sont pas forcément directement une photographie de la réalité car ils ne reflètent rien d'intelligible au premier abord. Cependant, il faut définir une méthode stable de calcul au fil des années. Ils vont nous permettre de poser un point de départ et de regarder l'évolution de cet indicateur. J'appelle ces indicateurs, indicateurs gradiants en référence aux gradiants de température par exemple qui décrivent l'évolution d'une grandeur plus que la valeur elle-même. Par exemple, à partir des évaluations repères de français, faire une moyenne des élèves au dessus du seuil 2 sur l'ensemble des compétences évaluées. L'indicateur est donc la moyenne des taux d'élèves compétence par compétence. Cet indicateur ne reflète aucune réalité intelligible mais permet de donner un point de départ à une évolution positive souhaitée.
Enfin, nous avons besoin pour piloter notre système d'indicateurs qui résistent aux variations de notre temps : alternance politique, évolution des connaissances, nouveaux besoins d'acquisition ou encore impact sociétaux des résultats aux évaluations internationales. Le nombre de lecteurs-son en fin de CP est par exemple un indicateur qui résistent à cette corrosion des indicateurs.
Exemple de tableau de bord
On peut voir apparaitre ici des indicateurs des deux types cités plus haut.
On retrouve la même démarche au CE2. Les enseignants de CE2 et CM1 a minima s'entendent sur un même texte avec un panel de questions d'évaluation de la compréhension.
Le texte témoin est un texte comme celui que l'on peut trouver ci-dessous. L'exemple de texte est ici pour le CM2. Il émane d'un travail d'équipe dans lequel l'équipe de français du collège de secteur et un échantillon d'enseignants de CM2 se sont entendus pour évaluer la capacité de lecture et de compréhension du texte commun à toutes les écoles du secteur de collège. si ce même texte est choisi à l'échelle de la circonscription l'indicateur s'aligne donc sur cette échelle.
On peut prendre appui ici sur ls chiffres en % pour opérer une moyenne sur l'ensemble des item-compétences.Il s'agit de faire la moyenne des chiffres 47,98 / 72,61 / 77,23 etc...
Le chiffre obtenu à la fin ne reflète rien de vraiment tangible, si ce n'est une valeur de départ dont il faudra suivre l'évolution. On peut aussi bien sûr suivre l'évolution de chaque item comme nous savons déjà le faire. Ce nouvel indicateur est global et permet de suivre une grande tendance en un seul chiffre. Nous avons aussi besoin de cela pour piloter et communiquer.
Téléchargement du texte témoin évoqué dans les tableaux de bord ci-dessus :
Le roi grenouille des frères Grimm
DEUXIEME VISION
Les tableaux de bord des écoles descendants
Il est donc possible de bâtir des tableaux pour chaque école en demandant aux directeurs de les tenir à jour. Mais même après avoir défini avec les directeurs les indicateurs que chaque école devra tenir à jour, le quotidien de la gestion des écoles rend cette tâche ardue.
Le plus pertinent est que ces tableaux de bord soient donnés pas l'inspection, même s'ils sont moins complets. Ils contiendront des données contextuelles et des indicateurs institutionnels de nature à fixer des objectifs d'évolution.
Une présentation visuelle simple et avec un nombre d'éléments limité est gage d'une prise en compte effective des indicateurs. Les équipes auront tout le loisir de se questionner plus précisément sur un sujet ou un autre.